D’étudiante à galériste : mémoire de Poisson

23 mars 2018

Pour Siloé Pétillat, attachée artistique à la galerie Barnoud à Quetigny, la participation à l’UE Culture de 2009 fut marquante. Le projet en était le tracé d’une cartographie du campus de Dijon mené par le plasticien Mathias Poisson. Cette expérience sur le corps et les sensations a poussé Siloé Pétillat, 9 ans après l’UE, a prendre le tram pour nous rejoindre au studio Radio Campus et partager ses souvenirs.

Quand avez vous commencé à vous intéresser à l’art ?
Mes parents m’ont toujours emmenée à des expositions; mais eux étaient plutôt intéressés par le patrimoine et en réaction je me suis tournée vers l’art contemporain. Je dirai que c’est après le bac que cela m’a particulièrement attirée.

Quel est votre forme d’art préféré ?
L’art contemporain. Parce que je trouve que c’est très varié et que ça pousse à réfléchir. Ça peut être très proche de la philosophie et ça peut aussi déranger ou intriguer, ce qui le rend intéressant.

Êtes vous vous même une artiste ?
Non, j’ai déjà pris des cours de dessin pendant deux ou trois ans mais je n’ai pas poursuivi.

Vous travaillez maintenant à la galerie Barnoud, est ce que l’UE Culture a eu une influence sur votre choix de carrière ?
Je ne sais pas, en tout cas ça m’a marqué, dans la cadre de mon travail j’ai rencontré des artistes dont le travail était assez proche de Mathias Poisson, l’artiste qui a mené l’UE culture donc il y a un lien.

La galerie accueille uniquement des expositions temporaires ou a -t-elle aussi un fond de collection ?
Oui, il y a une collection d’entreprise qui est sur place en permanence, parce que historiquement la galerie a été fondée par un chef d’entreprise : Francois Barnoud. On est dans les locaux de son entreprise : Geotec. Depuis presque 15 ans, Géotec fait du mécénat et accumule des oeuvres qui sont visibles dans l’espace de notre galerie et dans le hall du siège social de l’entreprise.

A quelle fréquence sont renouvelée les expositions temporaires ?
Tous les 4-5 mois en ce moment, là on va commencer une exposition le 5 avril et elle y sera jusqu’à fin juillet. La prochaine exposition sera surement à la rentrée.

Quelle rôle assurez vous au sein de la galerie ?
Nous sommes deux dans la galerie, ma directrice et moi. J’ai donc un rôle assez large, je m’occupe principalement de la communication mais j’aide aussi les artistes à accrocher leurs oeuvres et entre deux expositions à reboucher les trous et repeindre. J’accueille également les visites de groupe pour des visites commentées.

Avez-vous lié des affinités avec des artistes ou leur travail ?
Oui bien-sur, quand on a la chance de travailler directement avec les artistes pour accrocher leurs oeuvres, donc réfléchir comment installer leur exposition, on discute de différentes choses et on se sent plus proches de certains que d’autres et j’ai de bons souvenirs. J’ai même déjà eu des petits cadeaux.

Avez-vous beaucoup de visite d’étudiants ?
On a assez peu d’étudiants mais, d’une manière générale, on voit peu les étudiants dans les lieux culturels, malheureusement. Même l’atheneum, qui est en plein campus, a, je pense, assez peu d’étudiants, enfin pas autant qu’ils le voudraient.

Vous avez participé à l’UE culture en 2009, pourquoi vous êtes vous inscrite à l’UE ?
J’étais en histoire de l’art et ça m’intéressait. J’avais entendu Pierre Ancet à La Nuit des chercheurs où il parlait de sa thèse sur les monstres humains comme les siamois par exemple. Je m’intéressais aussi a ce que faisait l’atheneum, de plus c’était un bonus pour les notes donc je me suis dit qu’il fallait le faire.

Connaissiez-vous le travail de Mathias Poisson avant cette UE ?
Non je l’ai découvert lors de l’UE.

Son art vous a-t-il touchée ?
Au début, on peut être assez surpris par sa manière de faire des cartes. Il a des dessins assez naïfs et donc il faut rentrer dedans mais après je trouve ça vraiment passionnant, sa manière de regarder son environnement, même le plus banal. Il nous ouvre les yeux.

Qu’est ce que l’UE vous a apporté d’autre ?
C’était une forme d’expérience, on a fait plusieurs petits exercices pratiques, plus ou moins artistique avec Mathias Poisson, par exemple, on a accompagné des personnes qui avaient les yeux bandés pour faire une promenade dans le campus. C’était donc une recherche sur le corps et comment on se fie au corps de l’autre quand on est privé de vision. Je me suis déjà intéressé aux mal voyants. Dans le cadre de mes études, j’avais travaillé avec un groupe qui les accompagnait à Besançon c’était donc pour moi particulièrement interessant.

Lors de cette UE, vous avez créé une carte du campus, vous avez préféré le travail de création de la carte ou plutôt la réflexion, la recherche ?
La création de la carte est vraiment venue à la fin de l’UE et s’est faite assez rapidement. On était plusieurs a travailler sur la carte donc chacun a fait un petit dessin. Je me souviens, par exemple, que moi je dessinais les lampadaires et donc que ma contribution était minime. C’est plutôt les jours précédents, on a fait à la fois des expériences avec Mathias Poisson et Pierre Ancet. Par exemple, on était en groupe et une personne devait se laisser tomber de dos et les autres étaient là pour le rattraper: ça questionne sur la façon dont on fait confiance et on s’abandonne aux autres. C’était pour moi une expérience assez forte.

Pourriez-vous vous passer d’art ?
Un monde sans art serait un monde triste où l’on perdrait un moyen d’expression primordial.

 

Juliette Rameau, le 17 mars 2018

Biographie

Née en 1986, Siloé Pétillat a étudié l’histoire de l’art ainsi que la communication web. Après avoir été chargée de communication pour l’association Connaissance de l’art contemporain et le FRAC Bourgogne, elle travaille aujourd’hui pour la Galerie Barnoud et la collection de Géotec en tant qu’attachée artistique, tout en animant dijonart.com. Elle est également co-présidente de l’association position : relative.