Florence Le Maux, l’art nature

22 mars 2018

Florence Le Maux artiste plasticienne est intervenue à l’UE Culture en novembre 2017 sous le thème « Paysages intérieurs ». Cette véritable femme-orchestre dans son domaine, utilise comme principal matériau le papier. Ce support sensible, elle l’aborde sous de multiples formes, en impression, estampage et moulage.

Avez-vous le souvenir de votre tout premier dessin ?
Non, pas précisément mais j’ai le souvenir que je dessinais beaucoup, c’était mon rapport au monde. J’avais besoin de passer par mon imaginaire et d’essayer de le retranscrire par le dessin, et par la poésie aussi. Mon papa était peintre, je passais beaucoup de temps dans l’atelier avec lui. Je possède même des photos de moi à l’école de peinture, j’avais cinq ans à cette époque-là.

C’est donc dans votre enfance qu’est né votre désir de devenir artiste ?
C’est difficile de le dire ! Est-ce qu’on décide d’être artiste ? Pour moi, c’est quelque chose qui est née à mon plus jeune âge puis qui ne s’est jamais éteint. Depuis la grande section maternelle, je faisais mes premiers essais. En ce moment, je ne me rendais pas compte si c’était vraiment mon métier mais j’avais le besoin de le faire. Plus tard, je me suis demandé pourquoi ne pas rentrer dans une école d’art.

Le papier, le bois. Autres matériaux ? Quels couleurs ?
J’utilise peu de couleurs mais je privilégie l’ocre naturel, je travaille directement avec les pigments, par exemple le teint du brun car c’est un couleur que l’on trouve dans la nature mais aussi dans l’architecture de la Bourgogne. Pour les matériaux, j’essaie depuis quelques années de travailler au maximum avec des éléments naturels, par exemple je prépare mes colles avec de la farine.

Justement parlons de la nature, vous êtes intervenue en 2017 à l’UE Culture sous le thème « le paysage intérieur », quelle elle la vision que vous avez souhaité transmettre aux étudiants ?
J’ai choisi le theme « paysage intérieur », faisant d’avantage appel à leur subjectivité qu’à une représentation objective d’un paysage précis. Je savais que je ne m’adressais pas à des artistes et en même temps cela me permettait de leur donner des éléments pratiques et théoriques. Mon but était de croiser les regards autour de la notion de paysage, avec l’intervention des autres enseignants. Il fallait souligner auprès des étudiants que le paysage, avant le XVIIIème et le XIXème, n’existait pas, il était juste un décor au fond du tableau. Puis avec le romantisme, et tout au long du XIXème, il a commencé à prendre une place prédominante. C’était une façon de dédramatiser le rapport à la peinture des étudiants pour les amener sur un terrain plus sensible.

On dit, dans le monde du sport, que quand on est bien à l’intérieur ça se voit à l’extérieur. Ceci s’applique aussi au le monde de la culture ?
Bien sûr, il faut une grande discipline. Personne ne vous attend, que vous soyez écrivain ou artiste, il faut vous extraire du monde et aller dans un atelier ou sur votre ordinateur ou encore se mettre devant la feuille blanche. On fait quelque chose que personne n’attend mais qui pour nous est important. Retourner chaque jour à l’ouvrage demande une discipline car tant que vous n’exposez pas ou que vous ne faites pas entendre votre musique, vous n’avez pas de retour des autres.

L’expérience de l’UE culture a-t-elle impacté votre travail ?
Motivée par cette expérience, j’ai postulé à l’Université de La Rochelle afin de réaliser une thématique similaire. Elle sera partagée avec d’autres regards, notamment ceux d’autres intervenants en paléontologie et philosophie des sciences. C’est vraiment formidable de pouvoir offrir aux étudiants des regards croisés. En tant qu’étudiante, j’aurai bien aimé ça. L’UE Culture m’a donné l’envie de reprendre cette activité liée à l’enseignement à travers la transmission et l’accompagnement. Pouvoir faire émerger quelque chose chez l’autre, je trouve cela touchant, moi qui ait plus d’expérience dans la vie, l’idée d’être présente et d’accompagner les étudiants dans ce moment de basculement.

Josiane Kouacou et Miguel Angel Tamayo Medina, le 17 mars 2018

Retrouvez l’intégralité de l’interview :

Biographie

Après douze années d’étude (de 1981 à 1993) à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris, Florence Le Maux est titulaire d’un Diplôme Supérieur des Arts Plastiques.
A la sortie de sa formation en 1993, elle reçoit plusieurs prix dont le premier prix de la Fondation Bisazza (pavement en mosaïque), Vicente, Italie puis en 1994 le prix « multimédia » reçu lors de L’Exposition des élèves diplômés avec félicitations du Jury.
Par ailleurs, Florence Le Maux participe à plusieurs Créations plastiques et scénographiques dont la conception et la réalisation de décors pour maisons individuelles, patines murales et sur mobiliers, bois et métal de 1990-2009. Véritable artiste et pédagogue, Florence Le Maux intervient depuis 2002, dans les Lycées d’Enseignement Agricole en région Rhône – Alpes dans le cadre de la convention DRAF/DRAC, et encadre des projets sur des thématiques Art/Nature.
Depuis 2006, est partenaire de L’Arc Scène Nationale du Creusot, au service des expositions et depuis 2017 participe à l’UE Culture organisé par l’Atheneum, centre culturel de l’université de Bourgogne sous le thème « la paysage intérieur ».
Aujourd’hui Florence profite de sa passion par la nature en Bourgogne, dans sa maison à Cluny, elle trouve son inspiration pour développer encore plus sont art, une vraie histoire d’amour entre elle et la nature née depuis son plus jeune âge.